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Le QR code fait-il vraiment fuir les clients ?

La critique est réelle et mérite mieux qu'un haussement d'épaules. Voici ce qui est fondé, ce qui ne l'est pas, et comment garder les clients que le tout-numérique fait effectivement partir.

C'est l'objection la plus fréquente, et le réflexe du vendeur de solution digitale est de la balayer. Elle mérite mieux que ça, parce qu'elle est partiellement fondée.

Ce qui est vrai

Le téléphone à table casse quelque chose. Une tablée qui consulte six écrans en silence n'est pas la même qu'une tablée qui se passe une carte en commentant. Pour un restaurant dont l'argument est la convivialité, c'est un vrai coût, et il ne se mesure pas.

Une partie de la clientèle est exclue. Pas seulement les personnes âgées : les téléphones à batterie faible, les forfaits sans données, les clients étrangers en itinérance, les personnes malvoyantes mal servies par une page mal faite.

La lecture est moins confortable. Sur un écran de six pouces, on ne voit jamais la carte entière. On perd la vue d'ensemble qui aide à choisir — et qui aide à vendre.

Ce qui est faux

« Les clients détestent ça. » Ce qu'ils détestent, ce sont les mauvaises exécutions : un PDF qu'il faut agrandir, une page qui met huit secondes à charger, une application à installer, un formulaire avant de voir les prix. Une carte web rapide et lisible ne provoque pas cette réaction.

« C'est pour économiser sur le papier. » C'est l'interprétation qu'en font les clients quand le restaurant ne propose plus rien d'autre. Elle est justifiée dans ce cas précis.

La règle qui règle le problème

Gardez toujours des cartes papier disponibles, et proposez-les sans que le client ait à les demander. Le QR devient une option pour ceux que ça arrange, pas une contrainte pour ceux que ça gêne.

Le rapport de force change complètement : un client à qui l'on propose « la carte ou le QR, comme vous préférez » ne se plaint jamais du QR.

Là où le QR est indiscutablement meilleur

  • Les langues. Un touriste allemand qui lit la carte en allemand est mieux servi qu'avec une traduction imprimée approximative.
  • Les allergènes. Un client cœliaque peut filtrer, chercher, vérifier — ce qu'aucune carte papier ne permet.
  • Le menu du jour. Il est juste, tous les jours, sans ardoise à réécrire.
  • Les ruptures. Signaler qu'il n'y a plus de daurade évite une déception à table.

Le compromis que font les bons établissements

Carte papier pour l'expérience et le confort de lecture, carte digitale pour ce que le papier fait mal : les langues, les allergènes, le plat du jour, les ruptures. Aucun des deux ne remplace l'autre.

Le tout-QR est un choix d'exploitation, pas un choix de service. Il se défend dans un self, un food court ou un bar à forte rotation. Il se défend beaucoup moins dans une salle où les gens viennent passer deux heures.

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